MA VISION
Le pari du vivant
Avez-vous déjà vu une plante pousser à travers le bitume ?
Chaque fois que j'assiste à cette scène, je suis émerveillée.
Malgré les obstacles, malgré les contraintes qui semblent l'entraver, elle cherche la lumière. Elle trouve un passage. Elle poursuit son déploiement.
La vie semble toujours chercher un chemin: et si ce même mouvement existait aussi en chacun de nous ?
C'est cette question, toute simple, qui guide profondément mon regard sur l'être humain.
Je fais confiance à ce qui, en chacun de nous, cherche naturellement à se déployer.
C'est ce regard que je choisis de poser sur chaque personne que je rencontre.
Les conditions du déploiement
Quand une plante ne pousse pas, nous regardons le sol, la lumière, l'eau ou le climat.
Nous ne concluons pas qu'elle est défectueuse ou qu'elle manque de volonté.
Pourquoi regardons-nous si rarement les conditions de vie lorsqu'il s'agit d'un être humain ?
Comme toute forme de vie, nous avons besoin de certaines conditions pour grandir, apprendre, explorer et révéler notre potentiel.
Aucune plante ne se déploie indépendamment de son environnement.
Pourquoi en serait-il autrement pour nous ?
C'est cette question qui m'a conduite à m'intéresser, depuis de nombreuses années, aux conditions qui permettent au vivant de s'épanouir.
Le vivant est profondément relationnel
En m'intéressant aux travaux des chercheurs qui explorent le développement humain, j'ai été frappée par une convergence.
Tous montrent qu'un enfant a besoin de bien plus que de nourriture et de sécurité physique pour révéler pleinement son potentiel.
Il a besoin d'un environnement capable de répondre à ses besoins affectifs, relationnels et développementaux.
Une question s'est alors imposée à moi.
Qu'ont en commun tous ces besoins ?
En les regardant de plus près, j'ai réalisé qu'ils se vivent tous dans une relation.
Un nourrisson ne se nourrit pas seul. Il est nourri par quelqu'un.
De la même manière, il est rassuré, consolé, encouragé, reconnu… toujours dans une relation.
Et si la relation était le milieu dans lequel les besoins trouvent leur réponse ?
Depuis, je ne regarde plus le développement humain comme l'histoire d'un individu qui grandit seul, mais comme celle d'un être vivant qui émerge au sein d'un tissu de relations.
La survie est une adaptation
Imaginons deux plantes de la même espèce.
L'une pousse dans une terre meuble, riche, bien aérée et suffisamment humide ; l'autre dans une terre plus compacte, plus pauvre et plus sèche.
Toutes deux portent le même potentiel de vie.
Pourtant, elles ne grandiront pas de la même manière.
Leur développement portera la trace des conditions dans lesquelles elles auront grandi.
Pourquoi en serait-il autrement pour un être humain ?
Tout au long de notre vie, nous évoluons au sein d'un tissu relationnel : la famille ou le couple, bien sûr, mais aussi les amis, l'école, le travail, la culture, la société... Sans oublier la relation que nous entretenons avec nous-même. Autant de relations et de contextes qui participent, chacun à leur manière, aux conditions dans lesquelles le vivant cherche à se déployer.
Lorsque ce tissu relationnel répond suffisamment à nos besoins, une plus grande part de notre énergie devient disponible pour explorer, apprendre, créer, aimer, développer nos qualités d'être et révéler peu à peu notre potentiel.
Mais lorsque les conditions ne permettent plus de répondre suffisamment à ces besoins, apparaissent des stratégies d'adaptation, parfois très ingénieuses, qui permettent au vivant de consacrer davantage d'énergie à la protection qu'au déploiement.
Et si la survie n'était pas notre identité, mais la manière dont le vivant réorganise progressivement son énergie lorsque les conditions deviennent moins favorables à son déploiement ?
Les stratégies de survie ne disent pas qui nous sommes. Elles racontent les conditions auxquelles nous avons dû nous adapter.
Quels que soient les contextes dans lesquels nous avons grandi et continuons d'évoluer, nous portons tous des entraves. Certaines sont discrètes. D'autres ont profondément marqué notre histoire.
Les reconnaître et les traverser est souvent une étape essentielle, mais ce n'est jamais une fin en soi.
Ce qui m'intéresse, c'est ce qu'elles empêchent parfois de laisser émerger.
Retirer les entraves rend le vivant à nouveau disponible. Cette disponibilité ouvre alors la possibilité de reconnaître, de créer ou de rejoindre les conditions dans lesquelles le vivant peut reprendre son mouvement de déploiement.
Réapprendre le langage du vivant
Avez-vous déjà eu le sentiment qu'une émotion, une rencontre ou une période de votre vie cherchait à vous dire quelque chose ?
Comme si, derrière la peur, la joie, la colère ou même une crise, il existait un message que vous ne saviez pas encore entendre.
Et si le vivant ne cessait jamais de nous parler ?
À travers notre corps, nos émotions, nos élans, nos résistances, notre émerveillement.
À mes yeux, ces manifestations ne sont pas seulement des moments de grâce, des difficultés ou des obstacles à dépasser.
Elles sont autant de signaux qui nous renseignent sur nos besoins, nos aspirations profondes, nos limites, nos qualités d'être ou ce qui cherche à émerger en nous.
Peut-être n'avons-nous pas perdu ce langage.
Peut-être avons-nous simplement oublié comment l'écouter.
C'est cette langue du vivant que j'aime explorer avec les personnes que j'accompagne.
Mon rôle
J'aime me définir comme une gardienne, une traductrice et une facilitatrice du vivant.
Gardienne, parce que je veille à la qualité du cadre et de la rencontre.
Traductrice, parce que j'aide à redonner du sens aux émotions, aux expériences et aux élans qui cherchent à s'exprimer.
Facilitatrice, parce que je fais confiance à ce qui, en chacun de nous, cherche naturellement à se déployer lorsque les conditions sont réunies.
Je mets mon expérience, mes connaissances et ma présence au service de votre cheminement.
Je ne peux pas faire éclore le vivant à votre place.
En revanche, je peux prendre soin du milieu dans lequel il aura le plus de chances de se déployer.
Et je sais qu'une rencontre authentique transforme toujours, à sa manière, les deux personnes qui la vivent.